Le consentement, c'est un « oui » libre et sincère à un acte sexuel précis, à un moment précis. Il peut être retiré à tout moment. Le silence, l'absence de réaction, l'alcool ou la pression ne valent jamais un oui. Depuis novembre 2025, la loi française définit le viol et les agressions sexuelles par l'absence de consentement.
Une définition simple
Consentir, c'est être d'accord, vraiment. Pas parce qu'on a peur de décevoir, pas parce qu'on est fatigué de dire non, pas parce qu'on a trop bu. Un consentement valable a cinq caractéristiques, que la loi reprend désormais presque mot pour mot :
- Libre : sans pression, sans menace, sans chantage affectif.
- Éclairé : on sait à quoi on dit oui (avec ou sans préservatif, par exemple).
- Spécifique : dire oui à un baiser n'est pas dire oui à tout le reste.
- Préalable : il se donne avant, pas « après coup ».
- Révocable : on peut changer d'avis à tout moment, même en plein milieu.
Ce que dit la loi depuis novembre 2025
La loi du 6 novembre 2025 a modifié l'article 222-22 du Code pénal : une agression sexuelle est désormais définie comme tout acte sexuel non consenti. Le texte précise que le consentement doit être libre et éclairé, spécifique, préalable et révocable, et qu'il ne peut pas se déduire du silence ou de l'absence de réaction de la victime. C'est important pour les personnes en état de sidération, sous emprise ou inconscientes.
Les notions de violence, contrainte, menace ou surprise restent dans la loi : quand elles sont présentes, il n'y a pas de consentement.
Pour les mineurs, la loi du 21 avril 2021 prévoit qu'un acte sexuel commis par un adulte sur un mineur de moins de 15 ans est un crime ou un délit, sans qu'il soit nécessaire de prouver l'absence de consentement (avec une exception lorsque l'écart d'âge est inférieur à cinq ans), et jusqu'à 18 ans en cas d'inceste.
Oui, non, peut-être : des situations concrètes
| Situation | Consentement ? |
|---|---|
| La personne dit « oui » avec enthousiasme et participe. | Oui, tant que ça dure. |
| La personne ne dit rien, ne bouge plus. | Non. Le silence n'est pas un oui : on s'arrête et on demande. |
| « On est en couple, donc c'est normal. » | Non. Être en couple ou marié ne donne aucun droit sur le corps de l'autre. |
| La personne a dit oui, puis dit « attends, j'ai plus envie ». | Non. Le consentement vient d'être retiré. |
| La personne est très alcoolisée ou endormie. | Non. Elle n'est pas en état de consentir. |
| Le « oui » a été obtenu à force d'insister. | Non. Un oui arraché n'est pas libre. |
Comment demander (sans casser l’ambiance)
Demander, ce n'est pas remplir un formulaire. Ce sont des questions simples, qu'on pose avant et pendant : « Ça te va ? », « Tu veux qu'on continue ? », « Tu préfères qu'on ralentisse ? ». Et surtout, on écoute la réponse, y compris celle du corps : une personne qui se fige, se crispe ou détourne le regard envoie un signal.
Dire non doit être aussi facile que dire oui. Si la réponse est « non » ou « je ne sais pas », on s'arrête, sans faire la tête : c'est ce qui rend la confiance possible la fois suivante.
Si vous avez vécu une situation sans consentement
Ce n'est jamais de votre faute. Vous pouvez en parler, être accompagné·e et porter plainte, même longtemps après.
- 17 (ou SMS au 114) en cas de danger immédiat.
- 3919 : Violences Femmes Info, gratuit et anonyme.
- 119 : si vous êtes mineur·e ou si un enfant est en danger.
- La plateforme arretonslesviolences.gouv.fr permet d'échanger par tchat avec des policiers ou gendarmes formés.
Retrouvez tous les contacts sur notre page Numéros utiles.
Le consentement dans le jeu Dis-Moi
Dans Dis-Moi, le consentement est une règle du jeu : les cartes Contre (« Je ne consens pas », « Non c'est non », « Respecte mes limites ») permettent à n'importe qui d'arrêter une action, à tout moment. Une façon ludique de s'entraîner à dire non… et à l'entendre.
À retenir
- Le consentement est libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable.
- Le silence ou l'absence de réaction n'est jamais un oui.
- Depuis le 6 novembre 2025, la loi définit les agressions sexuelles par l'absence de consentement.
- Le couple ne crée aucun « droit » sexuel.
- En cas de violence : 17, 3919, 119.
Questions fréquentes
Peut-on retirer son consentement pendant un rapport ?
Oui. Le consentement est révocable à tout moment, même en cours de rapport. Si la personne dit stop ou ne semble plus d'accord, on arrête.
Le consentement doit-il être écrit ?
Non. Il s'exprime par les mots et les comportements, et il se vérifie tout au long de l'échange. Un « oui » donné une fois ne vaut pas pour toujours.
Quel est l'âge du consentement en France ?
Depuis la loi du 21 avril 2021, un acte sexuel commis par un adulte sur un mineur de moins de 15 ans est puni sans qu'il soit nécessaire de prouver l'absence de consentement, sauf si l'écart d'âge est inférieur à cinq ans.
Sources
- Loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025 (définition pénale du viol)
- Gouvernement — Arrêtons les violences
- Santé publique France — QuestionSexualité
- Santé publique France — OnSexprime (jeunes)
Ce guide informe ; il ne remplace pas une consultation. En cas de doute, parlez-en à un·e médecin, une sage-femme ou un centre de santé sexuelle. Urgence : 15 ou 112.